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Le Pays Dunois : Crozant
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Les ruines du château

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  • CROZANT HISTORIQUE ET SES ORIGINES

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Des traces d’habitations anciennes peuvent être trouvées partout dans la région. L’endroit le plus remarquable est, bien sûr, le site des « Ruines de Crozant ». Les ruines sont les restes d’une forteresse du Moyen Age. Construit principalement au XIIIe siècle, il était l’un des plus puissants du centre de la France.

Cependant, le promontoire était occupé par l’homme bien avant le Moyen Age. Des explorations archéologiques (réalisées entre 1964 et 1974 par Benjamin Lasnier) ont permis de découvrir des traces d’occupation depuis la préhistoire. Il y a trois époques incontestables d’occupation préhistorique : le bronze moyen, le bronze final et le début de l’âge du fer (datation basée sur le début de l’âge du fer entre 550 et 400 avant JC).

On croit que les Wisigoths ont construit les premières fortifications sur l’éperon rocheux. C’est certainement à partir de cette époque que Crozant a commencé à devenir important. La forme la plus ancienne de son nom est « Crozenc » qui est formé par le suffixe germanique « enc » indiquant une création de l’époque Franc.

Certains croient que sous Alaric (autour de 500 après JC) la forteresse était déjà importante en ce qu’elle protège les Wisigoths contre les Goths.

On peut trouver des traces écrites de Crozant datant de la fin du Xe siècle (997-1018). C’est ici qu’apparaît pour la première fois dans un document écrit le nom du seigneur de Crozant : Gérald. Il était également seigneur de Bridiers. Des fouilles archéologiques ont mis au jour des éclats de poterie et les vestiges d’un rempart qui pourrait dater de cette époque. Mais aucune trace de construction : le premier château de Crozant a-t-il été construit en bois ?

Des recherches récentes pencheraient pour l’existence d’une motte castrale moyenâgeuse située Place Chopeline (derrière l’église St Étienne) qui pourrait être une première fortification en bois depuis disparue et à l’origine de la formation d’un « village rue » devenu Crozant.

La construction en pierres la plus ancienne semble être la base du donjon carré, qui aurait pu être construit au XIIe siècle.

JPEGC’est au XIIIe siècle que Crozant appartenant à Hugues X de Lusignan que le château prit sa forme définitive. C’est à cette époque, notamment sous l’influence de son épouse, Isabelle d’Angoulême, veuve de John Lackland, mère d’Henri III d’Angleterre que furent construites les plus importantes constructions (Tour d’Isabelle / 1217-1245, Tour de Renard, Tour Colin).

Le château, orienté nord sud, occupe le sommet d’un promontoire rocheux au confluent de la Creuse et de la Sédelle. Les restes attestent qu’à cette époque, la forteresse consistait en une zone oblongue de terrain accidenté de 380 m de long et de 25 à 75 m de large. Cette zone était divisée en trois cours successives, entourées de remparts, entourant 10 tours (6 du côté de la Creuse - 4 sur la Sédelle) et mesurant environ 1 kilomètre. L’intérieur était quadrilatéral entre la Tour de Renard et la Tour d’Isabelle. Aucun de ces bâtiments n’a conservé son ancienne splendeur, les toits ont disparu, les remparts se sont effondrés. Rien ne nous permet de définir les balades couvertes, les mâchicoulis, les poutres et les toits. Des vestiges de différents bâtiments (silos, dépendances, étables et entrepôts) se retrouvent dans les cours successives et notamment contre le rempart au sud de la Tour de Colin, four intérieur.

Il est cependant facile d’imaginer la formidable impression de puissance qui aurait émané de cette forteresse perchée sur son promontoire rocheux.

En raison de son relief, avec son caractère presque insulaire et situé au confluent de la Sédelle et de la Creuse, ce promontoire avait tous les avantages. Il est nécessaire de remonter le temps jusqu’au Moyen Âge jusqu’au début du XXe siècle pour voir les deux rivières comme des torrents d’eau serpentant autour des rochers au fond des vallées profondes dont les flancs arides n’avaient que des chutes de bruyère, ajoncs et pâturages.

Protégés derrière les hautes murailles qui surplombent le reste de la vallée, les habitants de la forteresse auraient pu voir des assaillants venant de loin et, une fois le pont-levis levé, ils étaient en toute sécurité. On estime que la garnison rassemblée à l’intérieur aurait pu atteindre 10 000 hommes.

Après les Lusignans, les familles Bourboniennes, les Armagnacs puis encore les Bourbons se succèdent comme comtes des Marches et propriétaires de Crozant. Mais ils n’ont pas vécu dans la forteresse.

Le XIVe vit le début de la dégradation de la forteresse. En 1356, pendant la guerre de 100 ans, le Prince Noir Edouard d’Angleterre attaqua Crozant. La forteresse fut victorieusement défendue par son gouverneur-capitaine : Guy Foucault Saint Germain Beaupré.

JPEGAu XVe siècle, le roi Charles VII, qui résidait en Berry et en Touraine, fit réparer la forteresse après les dommages subis pendant la guerre contre les Anglais. L’entrée, avec son pont-levis au-dessus d’un fossé bloquant le promontoire, a été construite. Le château a été transformé en une résidence plus confortable avec des sièges latéraux et des cheminées sur trois étages. Il a ainsi perdu complètement sa nature défensive.

Après cela, le Crozant ne fut plus modifié. Cependant, les batailles pendant la Guerre de Religion dans la seconde moitié du XVIe siècle, l’abandon par ses propriétaires et un tremblement de terre en 1606 ont abouti à sa destruction.

Lorsque le roi Louis XIII vendit le château en 1640 (4 mai 1640) à Henri Foucault Saint Germain Beaupré, le contrat de vente constate que le bâtiment est en ruines.

Après cette date, le site a été vendu à plusieurs reprises. Le dernier acquéreur était le grand-père de Madame Junjaud qui l’a vendu à la municipalité de Crozant en septembre 1994.

Les ruines du château de Crozant ont été Classées Monument Historique le 3 octobre 1997.

De la citadelle édifiée avec patience depuis le haut Moyen Age jusqu’au XVe siècle, il ne reste que des ruines qui ont suivi, depuis octobre 2000, un programme de travaux de cristallisation et de mise en sécurité permettant, d’année en année, la sauvegarde des vestiges du château de Crozant : Tour de la Chapelle, 2000-2001, Tour du Renard 2001-2002, Tour Colin 2003-2004, Gros contrefort de la 3e porterie 2003-2006, Tour Isabelle 2005-2006, Porterie d’entrée (côté Sud – Ouest) 2007-2008, Tour Carrée (Donjon) 2011-2012, Tour en fer à cheval 2012 et la Porterie d’entrée principale 2013-2014.

Toutefois, pour une seule tour dite « Tour de l’eau », il n’était pas prévu de travaux dans le programme initial et il avait été envisagé de l’examiner en fin de programme, du fait de son régime particulier.

En effet, cette tour située sur le terrain concédé à l’EDF est implantée en dehors de la zone recouverte normalement par les eaux du barrage d’Éguzon à la limite supérieure de celles-ci.

Il subsiste des ruines importantes visibles depuis la rive droite (département de l’Indre), et depuis les bateaux circulant sur la Creuse, notamment la vedette touristique Crozant-Éguzon de l’Hôtel du Lac.

Alors que l’ensemble des tours donne lieu à des descriptions architecturales, la « Tour de l’eau » est soit oubliée, soit très succinctement signalée.

Seul un croquis, classé aux Archives Départementales de la Creuse, non daté et dont on ne connait pas l’origine, figurant un canon qui attaque la Tour Colin, à partir du point haut du rocher des fileuses, représente l’ensemble des tours depuis la rive droite de la Creuse.

C’est le seul document « ancien » où figure la « Tour de l’eau » qui comporte alors plusieurs étages.

Au moment du classement des ruines du château, cette tour, l’éternelle oubliée, car d’accès très difficile surtout depuis la construction du barrage d’Eguzon, n’a pas été classée.

Cet oubli est regrettable car son utilisation « domestique » et non militaire en fait un cas particulier et exceptionnel qui milite en faveur de sa conservation. Contrairement à ce qui est périodiquement écrit, sans vérification, il en reste des ruines importantes, hors d’eau.

Ce site fût la source d’inspiration de nombreux peintres, poètes et écrivains de renom comme Claude Monet, Armand Guillaumin, Maurice Rollinat, George Sand et tant d’autres.
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